Comprendre la thérapie somatique
La thérapie somatique est une méthode psycho-corporelle, pour adresser l'origine des maux psychiques et physiques afin d'y apporter un soulagement durable.
La thérapie somatique est une méthode psycho-corporelle, pour adresser l'origine des maux psychiques et physiques afin d'y apporter un soulagement durable.
Le trauma n’est pas l’événement lui-même, mais l’empreinte qu’il laisse dans le système nerveux lorsqu’une situation a dépassé la capacité de la personne à y faire face.
Il ne s'agit pas seulement de ces grands drames.
Le trauma peut venir :
Il intervient dans tout ce qui a été trop (trop intense, trop rapide, trop tôt) ou trop peu (trop peu de présence, d’amour, de soutien, de sécurité) et qui a dépassé notre capacité à faire face.
Et quand on ne peut pas faire face, le corps se fige et l’énergie de survie reste bloquée.
L'illustration du chat et de la souris
Chez les animaux sauvages il n’y a pas de trauma car ils ne bloquent pas la réponse de survie.
Si une souris est attrapée par un chat, que le chat joue avec elle entre ses pattes, la souris se fige et fait la morte : c'est sa seule option pour essayer de s'en sortir lorsque le chat aura le dos tourné.
Si le chat se lasse, part et laisse la souris vivante, alors on verra la souris courir dans tous les sens pendant quelques secondes !
Pour nous humains ça n’a pas de sens car l’événement est terminé. Mais physiologiquement sa réaction fait sens :
elle accomplit la réponse de survie qu’elle aurait eu besoin de faire mais que son système a figé par instinct de survie.
Nous, humains, on ne se verrait pas réagir après coup (et donner des coups dans le vent une fois un agresseur parti).
Nous restons ainsi bloqués dans le figement.
C’est pour cela que nous gardons cette empreinte du trauma : l’énergie n’a pas été déchargée.
Et on continue de vivre notre vie comme si le tigre était à nos trousses, car avec cette énergie encore présente, c'est comme si le corps ne pouvait pas intégrer que la menace était passée.
Lorsqu’il y a trauma non résolu, le système nerveux bascule vers la dérégulation.
Lorsqu’il y a trauma, le figement dure au-delà de l’événement. Le système nerveux est alors dérégulé. Il reste dans un mode survie, sans parvenir à vraiment retrouver l'accès au calme et à la sensation de sécurité.
On est dans un mode de protection bien après que la menace soit passée et ce, même si rationnellement le cerveau sait que c’est terminé. Le corps ne l’a simplement pas intégré.
Tant qu’il n’est pas digéré, tant que l’énergie de survie n’est pas processée, le trauma continue de façonner notre présent.
Il s’exprime dans nos croyances, nos symptômes, nos réactions et nos relations aux autres et à soi.
Ce que l’on vit n’est pas juste “dans la tête”. C’est avant tout dans le corps.
L’anxiété est l'un symptôme d'un système nerveux dérégulé.
C’est cette énergie de survie coincée dans le corps qui cherche encore un chemin pour se libérer.
Comment intervient la thérapie somatique ?
« Ce que nous appelons anxiété est souvent le corps qui tente de libérer l’énergie d’une réponse de survie inachevée. L’anxiété guérit lorsque l’énergie de survie emprisonnée peut enfin circuler et être déchargée. Lorsque ceci est fait, alors le corps apprend qu’il n’a plus besoin de se défendre. »
- Peter Levine
La thérapie somatique vise à ramener les conditions pour permettre le défigement et la résolution du traumatisme.
En libérant ce qui est bloqué dans le corps, la thérapie somatique rétablit la régulation du système nerveux et transforme l’ensemble du vécu intérieur.
Les pensées se calment, les croyances se réajustent, les symptômes s’apaisent naturellement et la sécurité intérieure se réinstalle.
La thérapie somatique permet de :
"Le traumatisme ne doit pas être considéré comme une condamnation à perpétuité.
De toutes les maladies de l'organisme humain, seul le traumatisme peut se révéler bénéfique.
Alors que le traumatisme peut être un enfer sur terre, le traumatisme résolu est un don des dieux - c'est un voyage initiatique qui appartient à chacun de nous."
- Peter Levine, Réveiller le tigre